Les éléments de base du secourisme  
      
    Meme si vous n'avez aucune connaissance spécifique de secourisme, cette section sera pour vous une bonne introduction...  
      

    REGLES ESSENTIELLES D'INTERVENTION ET MESURES DE SECURITE 

    Les notions qui suivent constituent la base du secourisme. Elles sont primordiales et doivent être présentes à l'esprit chaque fois que l'on aborde une situation d'accident au sens large. 

    Les principes fondamentaux à respecter AVANT d'entamer les premiers soins s'adaptent, en effet, à toutes les situations; il s'agit de: 

    se maîtriser; 
    éviter le suraccident; 
    faire un bilan correct; 
    lancer rapidement l'appel selon la procédure d'alerte. 

    Ces préceptes interviennent simultanément; il n'y a pas d'ordre réel à leur application. Des priorités qui en découlent dépendra, par contre, une relative chronologie dans la prise en charge de la situation. 

    Ces quelques pages doivent donc être considérées comme essentielles puisqu'elles sont le passage obligé en toutes circonstances. 

    SE MAÎTRISER DEVANT UNE SITUATION INHABITUELLE ET / OU INATTENDUE 

    Garder son calme; 
    Modérer ses paroles, sa voix; 
    Maîtriser ses émotions, ses gestes; 
    Agir avec tact et méthode; 

    EVITER LE "SURACCIDENT" 

    Prendre les précautions nécessaires pour éviter d'autres accidents ou l'aggravation de la situation. 
    Toutes ces précautions servent à PROTEGER des dangers et risques environnants 

    MESURES DE PROTECTION POUR LES VICTIMES 

    Les évacuer d'urgence lorsque c'est nécessaire (incendie, danger d'explosion, ...). 

          En règle générale éviter de déplacer les blesses si cela n'est pas absolument  indispensable. 

          Les couvrir et, dès que possible, les isoler du sol. 

          Leur assurer une présence réconfortante et entretenir le dialogue afin de maintenir leur conscience en éveil. 

          Etre prudent dans les cas d'atteinte au cou et/ou au dos. Des lésions de la colonne  vertébrale peuvent entraîner la paralysie ou même la mort Si le blessé subit des manipulations incorrectes. Il faut absolument éviter de mouvoir dans quelque direction que ce soit la tête et le cou. LAISSER SON CASQUE A UN PARACHUTISTE afin de ne pas aggraver d'éventuelles lésions cervicales ou crâniennes; il existe des techniques 
          très spécifiques d'enlèvement d'un casque. Par contre, il sera bien souvent nécessaire d'aider la victime à ouvrir sa visière et à retirer tout tissu qui obstrue sa bouche; la rassurer sur l'état de sa moto. 
     

    REMARQUE: 

    En cas d'arrêt (Cardio-respiratoire et uniquement dans ce cas, il est nécessaire de retirer un 
    casque intégral pour pratiquer une réanimation. 

    FAIRE UN BILAN DE LA SITUATION ET APPLIQUER QUELQUES PRINCIPES FONDAMENTAUX 

    APPROCHER LA SITUATION DANS SA GLOBALITE  

          Dégager, ou mieux faire dégager, l'accès à la victime (penser à faciliter le travail des 
          secours), donc écarter tout ce qui semble possible de déplacer (voitures non 
          impliquées dans l'accident, meubles, branches d'arbre...). 
     

    Ne pas oublier que les curieux sont aussi dans le chemin les mettre, si possible, à 
    contribution. 

    Aborder la victime et lui poser des questions pour évaluer Si elle est consciente:  

    se présenter par un "Bonjour";  

          établir, le plus rapidement possible, un contact physique rassurant avec la personne en lui prenant la main; 

          la réconforter; par exemple: "je suis là pour vous aider", "je reste près de vous";  

          dans tous les cas, éviter toute manipulation, sauf si le danger est imminent (cas du feu 
          ou de l'explosion) et qu'il n'est pas possible d'en éliminer la cause.  
     

          Dans ce cas:  

               Si la personne est consciente, l'aider à s'éloigner du danger;  

               Si elle est inconsciente, l'évacuer d'urgence grâce à la prise RAUTEK ou selon 
               les possibilités;  

               Si elle est coincée, il faudra attendre les secours (toujours faire attention à ne 
               pas s'exposer inutilement au danger). 
     

    REMARQUES GENERALES CONCERNANT L'APPROCHE D'UN BLESSE: 

    EVITER TOUTE MANIPULATION INTEMPESTIVE.  

          Seul le blessé sait (car il le sent) ce qu'il est capable de bouger; ne jamais contraindre 
          la personne à effectuer un mouvement Si elle refuse. La seule contrainte qu'il faut 
          imposer est l'immobilité en cas de suspicion de fracture. 

          TOUJOURS AGIR en DOUCEUR quel que soit le problème. 

          PARLER aux blessés; les RASSURER, EXPLIQUER au maximum ce que vous leur 
          faites ou ce qui va leur être fait, et essayer d'obtenir leur collaboration. 

          Donner des informations rassurantes au sujet des proches impliqués dans l'accident. 

          Excepté dans le cas de grande agitation, où il faut toujours intervenir à plusieurs, le 
          recours à la force ne sera d'aucune utilité; il n'y a donc aucune raison d'agresser 
          quelqu'un verbalement, en le giflant ou en le pinçant. 
     

    FAIRE LE BILAN VITAL INDIVIDUEL 

    En approchant une victime, la première information que le secouriste peut saisir concerne l'état 
    d'éveil de celle-ci. 

    Cependant, l'information vitale est moins son état de conscience que sa capacité à respirer de 
    façon efficace : 

    PRIORITE ABSOLUE DOIT ETRE DONNEE A LA RESPIRATION. 

    Il faut donc évaluer très vite:  

          Si la victime est inconsciente (oui / non);  

          Si elle respire (oui / non);  

          Si son cur bat (oui / non); 

    Si la victime parle, il est évident qu'elle respire et que son cur bat. 

    Si la victime ne parle pas spontanément, cela ne veut pas systématiquement dire qu'elle est 
    inconsciente. En effet, dans certains cas fonctionnels (patients trachéotomisés ou 
    laryngectomisés, personnes ayant des troubles profonds de la parole, circonstances propres à l'accident qui rendent l'usage de la voix impossible...) ou psychologiques (la victime est 
    choquée au sens psychologique du terme), elle ne saura pas faire usage de sa voix. 

    PENSEZ-Y ! 

    Pratiquement, il faut s'approcher très près de la victime, afin de pouvoir observer toute 
    manifestation d'un éventuel état de conscience. Puis, évaluer rapidement Si elle respire (Voir - 
    Entendre - Sentir) et Si le coeur bat (prise du pouls carotidien). Ces matières feront l'objet de 
    la première partie du fichier. 

    1er temps : S'ASSURER DE LA PERTE DE CONSCIENCE 

    Si la victime donne des signes évidents de conscience, elle respire, on passe donc 
    directement au 2e temps. 

    Si, par contre, elle semble inconsciente, il est nécessaire de tester ce fait, en la seoeuant 
    légèrement par l'épaule, tout en lui tenant la main et en lui donnant des ordres brefs et précis 
    près de son visage. 

    - " Madame, monsieur "; 

    - " Ouvrez les yeux "; 

    - " Serrez-moi la main "; 

    - " Tirez la Langue " 

    Le but de ces ordres est de stimuler au maximum la personne et, surtout, de le faire par 
    différents sens. 

    Faire du bruit autour d'elle, notamment frapper dans les mains au-dessus de son visage, et, en dernier recours, tenter de réveiller la douleur, sont deux autres moyens qui suivent la logique de cette démarche. 

    Il est contre-indiqué d'utiliser ces deux dernières alternatives en cas de traumatisme. Si elle ne réagit à aucune stimulation, ni verbale, ni tactile, nous dirons qu'elle est inconsciente. 

    2e temps : VERIFIER LA BOUCHE ET DESSERRER COL ET CRAVATE 

    Une respiration bruyante traduit presque toujours une obstruction partielle des voies 
    respiratoires. Les corps étrangers tels que prothèses dentaires, dents arrachées, liquide ou 
    sang doivent être éliminés. 

    Pour cela, tourner la tête de la victime sur le côté et évacuer l'objet visible; les liquides drainés vers la joue peuvent être 

    enlevés à l'aide du doigt coiffé d'un mouchoir ou de tout autre tissu. 

    LA MANIPULATION DE LATETE DOIT TOUJOURS ETRE DELICATE ET PRUDENTE , 

    surtout s'il s'agit d'un traumatisé (attention au bulbe rachidien !!!) 

    La cause la plus fréquente de l'obstruction respiratoire est :  

          chez une personne consciente, le corps étranger ;  

          chez une personne inconsciente, la chute de la langue et de l'épiglotte dans 
          l'arrière-gorge. En état d'inconscience, les muscles sont effectivement relâchés. 

    3e temps: METTRE LA TETE EN EXTENSION 

    Il s'agit là du geste le plus important de la réanimation pulmonaire car il ouvre les voies 
    respiratoires. 

    ATTENTION à la position des mains!!! 

    Comment faire? 

    D'abord aligner la tête, bien droite, dans l'axe du corps. NE JAMAIS FORCER LE 
    MOUVEMENT! 

    Ensuite, se trouvant à gauche de la victime, la main droite se place en "pince de crabe" sur le front; la main gauche saisit la mâchoire inférieure pour la soulever et maintenir la bouche 
    ouverte. Dans cette position, les mains du sauveteur vont basculer la tête de la victime vers 
    l'arrière, en exerçant une pression avec la main droite. (Inverser ces gestes lors d'une approche par la droite.) 

    Ce geste devra être réalisé avec fermeté, mais aussi beaucoup de DOUCEUR!!! 

    Dans le cas d'un traumatisé crânien et/ou de la colonne vertébrale, il est déconseillé de 
    manipuler la tête du blessé; néanmoins, il faut également lui dégager les voies aériennes 
    supérieures. Ces cas justifient le recours à la technique de "PROTRUSION DE LA 
    MACHOIRE". 

    Pour ce faire: 

          se placer derrière la tête; 

          agripper les branches montantes de la mandibule (mâchoire inférieure) en avant des 
          lobes des oreilles, avec les doigts 2 à 4 ou cm des deux mains; 

          tirer fortement vers le haut et vers l'avant, en déplaçant la mâchoire inférieure de façon à 
          ce que les dents inférieures dépassent les dents supérieures (subluxation, élévation de 
          la mâchoire à deux mains); 

          rétracter la lèvre inférieure avec les pouces, sans se cramponner à la mandibule. 
     

    Chez un accidenté, il faut d'abord essayer cette technique avec la tête en position neutre 
    (c'est-à- dire NON basculée en arrière);  

    Si cela ne suffit pas à libérer les voies aériennes, basculer alors très légèrement la tête en 
    arrière. 

    4e temps : CONTROLER LA RESPIRATION 

    Une fois les voies respiratoires libérées, il faut vérifier Si la personne respire: 

    VOIR Si le thorax se soulève, ATTENTION La présence de mouvements spontanés n'implique pas toujours une respiration efficace. 

    ENTENDRE le bruit de la respiration (pour cela, mettre son oreille très près de la bouche de la victime); 

    SENTIR le souffle de la victime sur sa propre joue (pour cela, bien mettre sa joue près du nez 
    et de la bouche de la victime). 

    A ce stade deux situations peuvent se présenter  

          soit la personne respire: penser également à vérifier la qualité de cette respiration et 
          passer directement au 5e temps;  

          soit la personne ne respire pas: insuffler immédiatement deux fois avant de passer au 
          5e temps. 
     

    5e temps : CONTROLER LE POULS CAROTIDIEN  

          La prise du pouls se fait toujours avec la pulpe de deux doigts (index et majeur)  

          maintenir la tête en extension avec la main droite en pince de crabe" (le secouriste, se 
          trouvant à gauche de la victime ;  

          glisser les deux doigts de la main gauche pour repérer "la pomme d'Adam" (cartilage 
          cricoide);  

          tirer les doigts vers soi, jusqu'au bord du muscle;  

          là, palper l'artère carotide dans la gouttière entre le larynx et ce muscle. 
     

    Pour être sûr de palper le pouls, les doigts doivent rester sur l'artère au moins cinq secondes. 

    L'artère se palpe en profondeur, mais il ne faut pas l'écraser ! on appuie progressivement. 

    LANCER L'APPEL SELON LA PROCEDURE D'ALERTE 
     

    RECUEILLIR RAPIDEMENT LES DONNEES :  

          l'adresse exacte avec le numéro, la rue, la commune; 

          l'étage, le bloc, le numéro de porte; le nom éventuel;  

          le sens de la circulation avec des repères (bornes kilométriques, direction de 
          l'autoroute, etc.);  

          les lieux précis avec un maximum de repères dans le cas d'un chantier ou d'une usine;  

          le type d'accident et les détails spécifiques, par exemple: incendie (flammes ou 
          fumées), personne coincée, intoxication au CO, caractéristiques de la plaque d'un 
          véhicule transportant des marchandises dangereuses 

          l'ampleur de l'accident (extension réelle);  

          le nombre de victimes;  

          l'âge et l'état apparents des victimes. 
     

    LANCER L'APPEL : 

    Avertir les secours appropriés:  

          le médecin ou une personne compétente qui est déjà sur place, et/ou du numéro 
          d'alerte;  

          le "100" (pour la Belgique); 

          préciser, de préférence dans l'ordre,  

          le type d'accident (ex.: roulage, explosion, incendie, noyade, maladie, etc.)  

          les lieux exacts (cf. ci-dessus);  

          le nombre de victimes;  

          l'âge des victimes, en termes de "bébé", "enfant", "adulte", "personne âgée"   

          l'état sommaire des personnes (conscience, respiration, brûlure(s)...);  

          Si une ou plusieurs victime(s) semble(nt) coincée(s);  

          le risque d'un danger imminent (ex.: il s'agit d'un produit toxique, il y a des émanations, 
          il y a risque d'explosion, l'incendie peut s'étendre à d'autres bâtiments ...); 

          choisir et oser réquisitionner un badaud pour lancer l'appel, sans oublier de lui donner 
          tous les renseignements à transmettre, et lui demander de revenir. 
     

    LES HEMORRAGIES 
     

    DEFINITION 

    L'hémorragie est un écoulement de sang hors des vaisseaux sanguins, qui a pour 
    conséquence une réduction du volume sanguin circulant. 

    On distingue :  
     

          Les hémorragies EXTERNES : le sang s'écoule à l'extérieur du corps par une ouverture 
          de la peau. Lorsque l'endroit est découvert, le point d'hémorragie et le sang sont 
          visibles. 

          Les hémorragies INTERNES: le sang s'écoule à l'intérieur du corps (par exemple, dans 
          la cavité abdominale). Le point d'hémorragie et le sang sont donc INVISIBLES. 

          Les hémorragies EXTERIORISEES : le sang s'écoule par un orifice naturel (par 
          exemple, le nez, la bouche, les oreilles...). Le point d'hémorragie est INVISIBLE, mais 
          le sang s'écoule à l'extérieur; l'hémorragie, quant à elle, est donc VISIBLE. 
     

    REMARQUE: 

    On distingue également les hémorragies artérielles, veineuses ou capillaires, selon le type de vaisseaux qui saigne. Mais, en cas de blessure, il y a souvent plus d'un vaisseau atteint et les sangs se mélangent; c'est pourquoi le secouriste ne s'attardera pas à reconnaître l'origine de l'hémorragie, Sa seule préoccupation sera d'ARRETER LE SAIGNEMENT. 

      
    POURQUOI STOPPER UNE HEMORRAGIE  

    Une perte de sang supérieure à un demi-litre (pour être exact, il faut compter 15% de la 
    quantité totale, soit environ 750 mI pour un adulte qui aurait 5 litres de sang) déséquilibre le 
    système circulatoire et met en danger la vie de la victime. 

    Il faut donc stopper le plus rapidement et le plus efficacement possible toute hémorragie à sa source. Malheureusement, comme il n'est pas possible pour un secouriste d'identifier avec 
    certitude l'origine d'une hémorragie interne et/ou extériorisée, il n'est pas possible d'intervenir dans ces cas. 

    Le SEUL TYPE d'hémorragie qu'il est possible de stopper, de manière efficace et sans créer 
    d'autres lésions, est l'hémorragie externe. 

      
    REACTION DE L'ORGANISME FACE A UNE HEMORRAGIE IMPORTANTE 

    La perte de plus de 500 mI de sang entraîne un déséquilibre du système circulatoire, il en 
    résulte une réaction en chaîne  

          il y a une fuite quelque part;  

          moins de sang arrive au cur;  

          moins de sang oxygéné en ressort;  

          les tissus sont moins bien oxygénés (pour rappel, le cerveau souffre toujours d'une 
          anoxie, Si minime soit- elle). 
     

    Il s'agit là d'une situation de "pré-choc", et l'organisme essaie, seul, de contrecarrer ces 
    phénomènes. Il s'agit bien d'une détresse; il faut y être attentif et aider l'organisme à réagir. 

    ATTENTION : la perte d'un litre de sang chez un adulte (et bien moins chez un enfant) peut 
    entraîner la mort !! 
     

 
    Réaction de l'organisme
    Que voit-on ?
    contraction des vaisseaux (= vaso-constriction) périphériques pour adapter le contenant au contenu
    Pâleur de la peau et des extrémités
    augmentation de la fréquence de pompage pour assurer le maintien d'une oxygénation suffisante au niveau des tissus
    Pouls accéléré, souvent faible
    augmentation de la fréquence respiratoire pour assurer le maintien d'une oxygénation sanguine suffisante respiration accélérée et superficielle
    Respiration accélérée et superficielle
 
      Si tous ces mécanismes de compensation ne suffisent pas, la victime entre en "état de choc". 

    Le secouriste se doit d'être vigilant, son rôle est PRIMORDIAL:  

       1.bien observer la victime et ses symptômes ;  
       2.la surveiller attentivement jusqu'à l'arrivée des secours ;  
       3.prendre les mesures anti-choc ;  
       4.éviter toute dégradation de son état.  
     

    REACTION DU SECOURISTE FACE A UNE HEMORRAGIE EXTERNE 

      

    QUE SE PASSE-T-IL? 

    Le sang s'échappe hors de l'organisme. Mais attention, il se peut que le point d'hémorragie 
    soit masqué, par exemple, par les vêtements ou la position de la victime. 

    COMMENT STOPPER LE SAIGNEMENT ? (sauf cas particuliers)  
     

          Ecarter les vêtements qui recouvrent la blessure. 

          Il est important de bien LOCALISER l'endroit d'où cela saigne. 

          Effectuer une COMPRESSION DIRECTE, c'est-à-dire directement SUR le point 
          d'hémorragie 
     

         idéalement à l'aide d'un pansement individuel stérile et compressif;  

         ou avec un linge propre et sec que l'on applique fermement sur la plaie;  

         le cas échéant, avec les doigts; 

    MAIS COMPRIMER !!! Car l'arrêt de l'hémorragie est prioritaire sur les risques d'infection. 
     

          Maintenir la partie qui saigne surélevée par rapport au coeur (excepté en cas de 
          fracture du membre). 

          Envoyer quelqu'un prévenir les secours. 

          GARDER cette compression directe avec les mains le plus longtemps possible; c'est 
          le MEILLEUR TRAITEMENT. 

          Coucher la victime dès que possible. 

          Surveiller la victime:  

               son pouls ;  

               sa respiration ;  

               son état d'éveil ;  

               sa coloration. 
     
     

    BANNIR l'utilisation de l'OUATE et / ou des mouchoirs en papier en cas d'hémorragie. 

    APRES 10 MINUTES DE COMPRESSION: 
     

          Si l'hémorragie persiste après 10 minutes de compression, il s'agit d'une hémorragie 
          incontrôlable par l'organisme; la seule chose à faire est de maintenir la compression 
          directe jusqu'à l'arrivée des secours spécialisés. Penser toutefois à vérifier qu'il n'y a 
          pas d'erreur de localisation du point d'hémorragie. 

          Si, par contre, l'hémorragie semble s'être arrêtée ou avoir diminué, on peut alors 
          effectuer un bandage compressif (sauf au niveau du cou évidemment) sans chercher à 
          désinfecter la plaie ni retirer le premier pansement. 
     

    Celui-ci peut se réaliser à l'aide d'un pansement compressif individuel ou, à défaut, du linge 
    PROPRE plié qui a initialement servi lors de la compression, et que l'on fixe avec un sparadrap ou tout autre moyen disponible. 

    La pression maintenue sous le compressif doit être MODEREE mais suffisante. 

    REMARQUES 

    Un pansement qui rougit ou suinte un peu sera renforcé avec des compresses et une pression plus forte. 

    Le premier pansement ne doit jamais être enlevé sans qu'on en ait reçu l'autorisation du 
    médecin. Ce faisant, on pourrait arracher les caillots déjà formés et réactiver l'hémorragie. 

    Toujours laisser la région atteinte accessible et bien visible pendant les manipulations. 

    Le pansement ne doit pas être trop serré après quelques minutes, l'extrémité du membre ne 
    doit être ni froide, ni violacée. Le pouls doit, en principe, être palpable en aval du pansement. 

      

      

    CAS PARTICULIERS: 

    Un corps étranger dans une plaie  
     

          Surtout ne pas l'enlever s'il est enfoncé profondément; on peut (éventuellement) 
          nettoyer autour de la plaie afin d'éviter que des débris n'y pénètrent (par exemple, 
          débris de verre, ...), mais de toute façon il faut immobiliser ce corps étranger à l'aide de 
          compresses stériles pour éviter qu'il ne bouge dans la plaie. 
     

          Par ailleurs, ce type de plaie ne saigne "apparemment" pas souvent; dans ce cas, ne 
          pas s occuper de l'hémorragie potentielle, il faut surtout protéger la plaie et surveiller la 
          victime. 

          Ne pas comprimer sur un corps étranger, cela l'enfonce davantage dans les tissus. 
     

    Dans les cas où l'hémorragie est totalement incontrôlable (membre déchiqueté, fracture 
    ouverte avec hémorragie, hémorragie sur corps étranger ...), le plus efficace est de comprimer l'artère à distance.  
     

          S'il s'agit d'un membre supérieur, exercer une pression dans le creux de l'aisselle avec 
          les deux pouces.  

          S'il s'agit d'un membre inférieur, exercer une pression avec le poing sur le rebord du 
          bassin au pli de l'aine. 
     

    Ne jamais placer un garrot au membre atteint, cette attitude ancienne est bien plus néfaste 
    que réellement utile. 

      

    REACTION DU SECOURISTE FACE 
    A UNE HEMORRAGIE INTERNE 

    L'écoulement de sang se produit quelque part à l'intérieur de l'organisme; extérieurement il est imperceptible. 

    On ne peut que suspecter une hémorragie interne selon les circonstances de l'accident: 

    dans tous les cas où la victime a reçu un coup sur la tête, au thorax, à l'abdomen ou au dos... 

    Il faut être particulièrement attentif si l'on constate les symptômes du "pré-choc" 

    et/ou si la personne, d'abord inquiète et excitée, devient somnolente. 

    Tout changement de comportement chez une victime est inquiétant. 

      

    QUE FAIRE ?  
     

          Lutter contre l'installation de l'état de choc et prendre toutes les mesures de protection. 
     

    REACTION DU SECOURISTE FACE A UNE HEMORRAGIE EXTERIORISEE 

    Dans ce cas, le sang va s'écouler à l'extérieur par un orifice naturel. Cela peut se produire 
    spontanément dans le cadre de certaines maladies ou lors d'un traumatisme (coup, chute, 
    accident...). 

    On peut parler d'écoulements:  
     

          par le nez et/ou l'oreille;  

          par la bouche;  

          par les voies basses; 
     

      

    ECOULEMENTS PAR LE NEZ 
     

          SPONTANE : cela peut être dû à une faiblesse passagère des capillaires, une irritation 
          (lorsqu'on se mouche trop fort...), ou à une maladie (problème de tension artérielle>. Ce 
          n'est pas "grave", mais il faut consulter un médecin dans le second cas, car bien 
          souvent ce phénomène ne s'arrête pas seul. 
     

         Dans tous les cas, ne rien mettre dans la narine; proscrire l'utilisation des 
         tampons d'ouate. 

         Il existe des tampons hémostatiques que l'on peut employer (si l'on en possède> 
         Si le saignement est important; mais lorsqu'on en utilise, il faut les laisser en 
         place jusqu'à la consultation médicale car lors du retrait on arrache le caillot 
         formé, ce qui entretient le saignement. 
     

          TRAUMATIQUE : suite à un traumatisme de la face ou du crâne, l'écoulement peut se 
          faire par le nez et/ou par la bouche et/ou par une oreille. La victime peut être 
          consciente ou inconsciente, parfois on peut voir des plaies. L'écoulement peut être 
          rouge plutôt foncé (sang pur), clair (le liquide céphalo-rachidien> ou rosé (mélange des 
          deux). 
     

    QUE FAIRE?  
     

          Faire un rapide bilan de la situation et faire appel au "100".  

          Faire s'allonger au calme.  

          Ne pas y toucher (excepté en cas de danger immédiat).  

          Desserrer col et cravate.  

          Libérer les voies respiratoires (en dégageant, s'il y a lieu, la bouche de tout corps 
          étranger visible) par la technique de la protrusion de la mâchoire.  

          Considérer la personne en état de "pré-choc" et prendre toutes les mesures 
          "anti~choc".  

          Attendre les secours à côté de la victime, en surveillant attentivement ses fonctions 
          vitales.  

          Maintenir l'état d'éveil de la victime.  

          Considérer la personne comme une "poupée de porcelaine" et l'empêcher de bouger, 
          surtout la tête.  

          Laisser le sang s'écouler naturellement. 
     

    Si l'on se rappelle aussi les réactions de l'organisme face à l'hémorragie, on sait qu'il faut 
    également s'inquiéter de l'état d'une personne accidentée  
     

          dont le pouls est faible, difficile à prendre et très souvent accéléré (> 80 pulsations / 
          minute);  

          dont la respiration est difficile et/ou accélérée;  

          dont l'état de conscience semble altérée (= impression de "sommeil anormal") et/ou qui 
          semble de plus en plus difficilement "réveillable";  

          qui semble être anormalement agitée ou calme. 
     

    Une caractéristique de l'état de choc est qu'il peut facilement passer inaperçu, même s'il est 
    grave. 

    Il faut donc être attentif dans tous les cas aux signes précités, et toujours considérer les 
    personnes qui ont perdu beaucoup de sang ou qui sont gravement brûlées comme des 
    "choqués" en puissance. 

      

    L'ETAT DE CHOC 

    Le "choc" émotionnel est une simple réaction nerveuse à de mauvaises nouvelles ou àune 
    grande surprise. La personne se sent mal, "toute chose", mais se rétablit rapidement surtout 
    grâce au réconfort. Ce que les médecins désignent par "l'état de choc" est infiniment plus 
    grave. 

      

    DEFINITION 

    L'état de choc est une défaillance grave dans le système circulatoire (par exemple, lors 
    d'hémorragie, de brûlure, de maladie, etc.> qui a pour conséquence directe une diminution de l'apport sanguin aux tissus. Ce qui revient à dire que les tissus sont moins bien oxygénés, et donc que l'organisme subit une détresse cellulaire très grave. Celle-ci met directement en danger la vie de la victime, car elle menace les fonctions les plus vitales. 

    DONC: CHOC = DETRESSE CELLULAIRE GRAVE 

    L'appareil circulatoire peut être considéré comme un circuit fermé comportant  
     

          une "POMPE" (= le cur);  

          un "CONTENANT", c'est-à-dire un circuit de tuyaux (= les artères, veines et capillaires); 

          un "CONTENU", c'est-à-dire un liquide circulant (= le sang), qui est propulsé par la 
          pompe dans toute la tuyauterie. 
     

    La "perfusion des tissus dépend de la pression qui règne dans le circuit. En état normal, la 
    pression est maintenue constante grâce à l'efficacité de la pompe, d'une part, et à la régulation du calibre des tuyaux, d'autre part. En effet, toute augmentation (vasodilatation) ou diminution (vasoconstriction> du calibre des vaisseaux influe constamment sur la pression sanguine. 

    DONC: Une bonne perfusion" des tissus exige un débit sanguin suffisant et constant. 

    Ainsi, les conditions nécessaires à la "bonne perfusion des tissus" sont  
     

          un cur qui fonctionne bien ;  

          une quantité suffisante de sang bien oxygéné dans le circuit ;  

          des vaisseaux en bon état. 
     

    toute chute de pression dans le circuit, quelle que soit son origine, va provoquer un état de 
    choc :  
     

          le sang revient moins bien au cur, qui, telle une pompe, a tendance à se désamorcer; 

          l'organisme compense (nous l'avons déjà expliqué) par une augmentation de la 
          fréquence de pompage (tachycardie) et une diminution du calibre des vaisseaux 
          (vasoconstriction); 

          mais, d'une part, le cur va se fatiguer et, d'autre part, cette vasoconstriction empêche 
          le sang de bien perfuser les tissus. Ceux, mal oxygénés, souffrent dans tous les cas. 
     

      

    TYPES DE CHOCS 

    Le secouriste doit être capable de distinguer au moins trois grands types de choc, tout en 
    étant conscient qu'il en existe d'autres: 

      

    LE CHOC HYPOVOLEMIQUE = une DIMINUTION du volume circulant 

    C'est le type de choc le plus fréquemment rencontré. 

    Dans ce cas, une partie du liquide sanguin quitte la circulation lors d'une hémorragie (externe et/ou interne et/ou extériorisée>, d'une brûlure étendue (perte importante de plasma), d'une diarrhée sévère (perte importante d'eau),  
     

          donc: le contenant devient trop grand pour le contenu, par perte d'une partie du 
          contenu. 
     

    LE CHOC CARDIOGENIQUE = une DEFICIENCE de la pompe 

    Ce type de choc résulte d'une inefficacité cardiaque; le cur ne parvient plus à assurer une 
    circulation efficace.  
     

          donc: la pompe (le cur) est défaillante. 
     

    Il existe d'autres types de choc, mais ces deux si sont les plus importants. 

    CIRCONSTANCES AGGRAVANT L'ETAT DE 
    CHOC  

       1.Le froid  
       2.Une forte émotion  
       3.La douleur  

      

    Pourquoi cela peut-il aggraver un état de choc? 

    Tous ces facteurs sont des situations de "stress". Pour y faire face, le corps aura besoin de 
    plus d'oxygène que normalement, or dans l'état de choc les cellules manquent déjà 
    cruellement d'oxygène; l'organisme ne sera plus capable de réagir pour combler ce nouveau type de demande. 

    Ainsi on comprend mieux pourquoi la règle essentielle "anti-choc" est d'éviter toute 
    dégradation de la situation, principalement en :  
     

          couvrant la personne; il faut éviter qu'elle n'ait froid, mais sans la réchauffer car, dans ce 
          cas, on provoque l'effet inverse (= vasodilatation) qui empêche l'organisme de se 
          défendre naturellement;  

          installant la victime au calme; il faut lui parler amicalement, la rassurer, éloigner les 
          curieux... 

          Respecter le principe d'immobilité d'une fracture (cela ne veut pas dire qu'il faille y 
          toucher); 

          Penser à communiquer au médecin et/ou à l'équipe de secours les informations qui 
          semblent importantes sur les circonstances de l'incident, d'une part, et celles obtenues 
          par l'interrogatoire et l'observation de la victime, d'autre part. 
     

    Et comme dans toutes circonstances:  
     

          rassurer la victime;  

          ne jamais la laisser seule;  

          refuser gentiment de lui donner à boire ou à manger, même Si elle le demande;  

          surveiller de près les signes vitaux (respiration, pouls, état d'éveil);  

          être attentif à tout changement de comportement soudain de la personne (conscient 
          inconscient; agité calme; etc.);  

          empêcher la victime et son entourage de fumer; 
     
     

    REACTION DU SECOURISTE POUR PREVENIR L'ETAT DE CHOC = 
    MESURES "ANTI-CHOC" 

    La personne chez qui l'on suspecte un choc doit être soumise dès que possible à un 
    traitement médical. Il faut donc immédiatement faire appel au service d'urgence pour la prise 
    en charge et le transport vers un centre hospitalier. 
     

    En attendant le service d'urgence  
     

          Supprimer la cause Si possible, par exemple, en stoppant immédiatement les 
          saignements graves.  

          Donner de l'air à la victime en éloignant tous les curieux et en desserrant col, cravate, 
          ceinture...  

          S'assurer que la personne respire suffisamment.  

          Maintenir la personne au calme, en position allongée SAUF les malades pulmonaires 
          chroniques et les malades cardiaques. Dans ces deux derniers cas, il faut donner à la 
          personne la position semi-assise qu'elle sent être la plus confortable; c'est elle qui 
          choisit. 

          Surélever les jambes par rapport au corps SAUF pour les malades pulmonaires et 
          cardiaques, ainsi que dans les cas de traumatisme. 
     
     

    LES FRACTURES ET LES AUTRES TRAUMATISMES DE L'APPAREIL LOCOMOTEUR 

    Il est toujours difficile de faire la distinction entre une fracture, une luxation et une entorse. 

    Il faut dès lors soupçonner une fracture chez toute personne présentant un traumatisme. 

      

    DEFINITIONS 

    LES FRACTURES  
     

          Les fractures sont des atteintes d'un ou de plusieurs os, caractérisées par une rupture, 
          totale ou partielle. 

          Il peut y avoir une ou plusieurs fractures sur un même os. Les morceaux d'os peuvent 
          être encore en place ou être déplacés.  

          Dans certains cas, ils peuvent même avoir perforé la peau, on parle alors de "fracture 
          ouverte" (l'os cassé est apparent au niveau de la peau sous la forme d'une plaie avec 
          l'aspect d'un corps étranger). 
     

    LES LUXATIONS  
     

          Les luxations sont des déboîtements articulaires, parfois avec déchirure des ligaments 
          et déplacement des extrémités osseuses. Elles surviennent aux grosses articulations : 
          hanche, épaule, genou, coude, et parfois pouce ... 
     

    LES ENTORSES  
     

          Les entorses sont également des atteintes articulaires mais sans déboîtement. Il s'agit 
          donc d'un mouvement naturel "forcé", où les ligaments sont distendus, voire déchirés. 
     

      

    MANIFESTATION DE CES TRAUMATISMES 

    Plusieurs symptômes entrent en ligne de compte dans leur évaluation, notamment la 
    présence, à différents degrés, de  
     

          douleur,  

          impotence fonctionnelle,  

          déformation,  

          gonflement,  

          plaies éventuellement associées. 
     

    Comme nous l'avons déjà souligné, la répartition de ces symptômes en fonction du 
    traumatisme n'est pas systématique; outre la résistance de la personne, de nombreux facteurs influencent tant l'état que le pronostic. Etant donné la difficulté de les distinguer entre eux, le secouriste adoptera la même attitude dans les trois cas. 

      

    REACTION DU SECOURISTE 
    DEVANT UN TRAUMATISME DE 
    L'APPAREIL LOCOMOTEUR 

    Dans tous les cas, faire respecter le principe d'IMMOBILITE. 

    Les cas où il y a un risque de fracture de la colonne vertébrale doivent susciter une attention 
    renforcée; ce type de traumatisme peut avoir des conséquences particulièrement graves. Dans toute situation suspecte de ce point de vue, il est impératif de faire comprendre au blessé qu'il doit rester immobile et de ne laisser personne le déplacer (l'utilisation d'un matériel spécifique est requise). Tout mouvement inconsidéré peut avoir pour conséquence une lésion ou une section de la moelle épinière et entraîner une paralysie définitive. 

      

    QUE FAIRE ? 

    DANS TOUS LES CAS, consulter un médecin qui évaluera la gravité et décidera du traitement adéquat. 
     

          Couvrir les plaies avec un pansement stérile ou, éventuellement, un linge très propre en 
          coton. 

          Immobiliser la partie atteinte en position confortable pour la victime afin d'éviter 
          d'aggraver la situation et, excepté le cas d'une suspicion de fracture de la colonne 
          vertébrale, lui laisser choisir sa position. 

          La couvrir Si nécessaire. 
     

    S'il s'agit d'une atteinte des membres inférieurs, desserrer les lacets des chaussures, sans les retirer. 
     

          Attendre les secours AVEC la victime. 
     

    Dans le cadre de l'action de secouriste, ne JAMAIS tenter de remettre en place un os déboîté. 

    REMARQUE: 

    Uniquement dans les cas de récidive d'entorse (diagnostiquée précédemment), appliquer 
    localement du froid (sous forme de glace pilée dans un sac en plastique ou de linges trempés dans de l'eau froide) pendant environ quinze minutes, puis soutenir l'articulation par un bandage modérément serré, et surélever le membre. 

      

    CAS PARTICULIER: LES TRAUMATISMES 
    CRANIENS 

      

    TYPES DE LESIONS DE LA TETE 

    LA PLAIE  
     

          Etant donné le peu d'épaisseur de la peau entre la boîte crânienne et le cuir chevelu, un 
          choc occasionne le plus souvent une plaie qui saigne toujours abondamment. C'est 
          impressionnant mais souvent sans gravité réelle. Par contre, il est indispensable de 
          s'assurer qu' il n'y a pas de fracture en-dessous de la plaie. 
     

    LA COMMOTION CEREBRALE  
     

          Un choc violent sur la boîte crânienne peut provoquer une commotion cérébrale, 
          c'est-à-dire un ébranlement du cerveau. 

          L'activité de cet organe, relativement mou, est alors fortement perturbée. 

          Cette possibilité est à envisager lorsqu'une victime perd conscience, ne serait-ce que 
          quelques minutes. 
     

    LES FRACTURES DU CRANE  
     

          Les traumatismes crâniens sévères déforment la boîte crânienne qui, si les limites de 
          son élasticité sont dépassées, se fracture. 

          Dans ce cas, deux problèmes doivent susciter l'attention du secouriste 
     

          lorsque la fracture du crâne est ouverte, l'infection peut pénétrer et gagner ainsi le 
          cerveau, ce qui entraînera des complications graves;  
     

          lorsque la fracture lèse des vaisseaux, il se produit un saignement entre le cerveau et la 
          boîte crânienne. Cette hémorragie crée une poche de sang (appelée "hématome 
          intracrânien"), laquelle gonfle, comprime plus ou moins fort le cerveau, et perturbe les 
          fonctions cérébrales. 
     

    QUE FAIRE ?  
     

          DANS TOUS LES CAS, consulter un médecin qui évaluera la gravité et décidera du 
          traitement adéquat.  

          Couvrir les plaies avec un pansement stérile ou, éventuellement, un linge très propre en 
          coton.  

          Immobiliser la partie atteinte en position confortable pour la victime afin d'éviter 
          d'aggraver la situation et, excepté le cas d'une suspicion de fracture de la colonne 
          vertébrale, lui laisser choisir sa position. 

          La couvrir si nécessaire. 

          S'il s'agit d'une atteinte des membres inférieurs, desserrer les lacets des chaussures, 
          sans les retirer.  

          Attendre les secours AVEC la victime. 
     

    REMARQUE: 

    Uniquement dans les cas de récidive d'entorse (diagnostiquée précédemment), appliquer 
    localement du froid (sous forme de glace pilée dans un sac en plastique ou de linges trempés dans de l'eau froide> pendant environ quinze minutes, puis soutenir l'articulation par un bandage modérément serré, et surélever le membre. 

    SIGNES QUI LAISSENT SUSPECTER UNE LESION CEREBRALE GRAVE  
     

          L'altération de l'état de conscience est un des reflets de la gravité d'une lésion 
          crânienne: il faut se méfier lorsque l'on découvre une victime traumatisée inconsciente 
          et qu'elle ne reprend pas rapidement conscience; il faut également être attentif au 
          blessé qui somnole ou s'embrouille, qui ne se souvient plus de ce qui vient de se 
          passer, qui se comporte de façon anormale ou perd à nouveau conscience. 

          Il est admis que le fait de perdre conscience, revenir à soi et reperdre conscience un 
          peu plus tard indique une lésion cérébrale grave. 

          L'écoulement de sang ET/OU l'écoulement de liquide limpide (Liquide 
          CéphaloRachidien) par les orifices de la face peut être caractéristique de certaines 
          fractures du crâne. Chez une victime traumatisée, tout écoulement par le nez, les 
          oreilles ou la bouche doit y faire penser, de même que tout hématome autour des yeux. 

          Le pouls est souvent ralenti à moins de 65 pulsations par minute lorsqu'il y a une 
          atteinte cérébrale. 
     

    Les vomissements sont fréquents chez un blessé qui a une fracture du crâne.  
     

          Des maux de tête importants suite à un traumatisme devront toujours faire suspecter 
          une lésion.  

          Le blessé peut être paralysé, en tout ou en partie. 
     

    Une fracture ouverte peut être suspectée lorsque l'on constate une plaie au crâne. 

    REMARQUE: 

    Les plaies au visage et/ou au crâne saignent toujours abondamment; c'est souvent très 
    impressionnant mais ce n'est pas alarmant. 

    Par contre, la victime peut saigner à l'intérieur du crâne, de sorte qu'on ne voit rien; c'est très 
    grave puisqu'un hématome dans la boîte crânienne va comprimer le cerveau, donc te faire 
    souffrir. 

      

    REACTION DU SECOURISTE FACE A UNE VICTIME D'UN TRAUMATISME CRANIEN  
     

          Laisser s'écouler librement tout liquide s'échappant par le nez et/ou la bouche et/ou les 
          oreilles!!!  

          Etre attentif à la présence potentielle des signes décrits ci-dessus.  

          Noter le moment de la disparition et de la réapparition éventuelle de la conscience;  

          Surveiller l'évolution de l'état de conscience!  

          Respecter l'axe tête-cou-tronc.  

          Dégager les voies respiratoires et surveiller la respiration.  

          S'il y a une plaie superficielle (sans fracture), la traiter comme les autres plaies.  

          En cas de fracture ouverte du crâne, empêcher la plaie de s'infecter la recouvrir 
          stérilement (ou très proprement), si possible en écartant les cheveux afin qu'il n'y 
          pénètrent pas. 
     

    de toute façon  
     

          Ne pas "tâtonner" dans une plaie du cuir chevelu  

          Ne pas appuyer sur la plaie  

          Ne pas essayer de retirer des fragments d'os d'une plaie du cuir chevelu 
     

    il est important que le secouriste veille au repos et au calme absolu de la victime, sinon 
    celle-ci risque de garder des séquelles de l'accident (sous forme de maux de tête persistant de longues semaines après). 

      

    LES PLAIES 

      

    DEFINITION 

    Une plaie est une atteinte des chairs, des tissus, avec lésion des téguments (peau, 
    muqueuse) due à une cause externe. 

      

    TYPES DE PLAIES 

    On distingue les plaies simples et les plaies graves.  
     

          Sont généralement considérées comme "simples" les plaies ayant les caractéristiques 
          suivantes: 
     

          peu étendues: la surface atteinte ne dépasse pas celle de la paume d'une main de la 
          victime;  

          superficielles;  

          peu ou non souillées;  

          ne contenant pas de corps étrangers;  

          ne saignant pas, ou très peu. 
     

    Lorsque l'une des conditions ci-dessus n'est pas respectée, on considère (en général) que la plaie est grave. 

    En cas de plaie "grave", il faut très rapidement faire appel au médecin et, en attendant, ne pas y toucher. 

    Si l'on en dispose, recouvrir la plaie de matériel stérile (sans la comprimer). 

    COMPLICATIONS DES PLAIES 

    Le risque majeur d'une plaie est l'infection. 

    En temps normal, la peau et les muqueuses constituent une véritable barrière de protection de l'organisme vis-à-vis de l'extérieur. 

    Lorsqu'une brèche est créée dans ce système, la porte est ouverte aux microbes nuisibles 
    (dits "pathogènes") et ceux-ci pénètrent dans l'organisme. Le corps lutte contre ces microbes, ce qui provoque une "réaction" souvent visible à l'extérieur. Néanmoins, Si le système de défense perd la bataille, les microbes s'installent, se développent et provoquent ce que l'on appelle l'infection. 

    Selon la localisation et le type de microbe (il en existe une multitude), l'infection restera 
    localisée (= simple infection) ou atteindra l'organisme entier l'infection prend alors le nom de 
    septicémie. 

    La gravité de l'infection dépend du type de microbe en cause, mais aussi de la capacité qu'a 
    l'organisme de se défendre contre celui-là en particulier (= "réaction immunitaire").  
     

          Il est possible d'aider l'organisme à lutter contre l'infection, et cela de façon très simple 

          Débarrasser d'abord la peau des saletés (visibles ou non) qui peuvent l'encrasser, par 
          un simple nettoyage de la plaie à l'eau et au savon neutre non parfumé;  

          PUIS tuer les microbes qui risquent d'entrer dans l'organisme par l'utilisation d'un 
          antiseptique. Il existe différents produits sur le marché qui possèdent cette propriété. 
     

    Un type d'infection auquel il faut être particulièrement attentif est le TETANOS.  
     

          Cette maladie est provoquée par un microbe (le bacille de Nicolaier) très répandu dans 
          la terre, le fumier, la rouille. 

          D'où le risque de développer la maladie en cas de plaie souillée de terre ou provoquée 
          par des objets rouillés. 

          En Europe, même Si la maladie n'est plus fréquente, 50% des personnes atteintes en 
          meurent, alors qu'il existe un vaccin très efficace. 

          En cas de plaie, toujours s'assurer que la personne est bien vaccinée contre le tétanos. 

          En dehors d'un contexte à risque, le vaccin protège pendant une période de 10 ans. 
          Dès le moindre doute concernant cette vaccination, contacter un médecin. 
     

    Il se peut qu'une hémorragie accompagne la plaie; on agira alors comme dans le traitement 
    d'une hémorragie. 

    Il peut y avoir un corps étranger dans la plaie; se référer au traitement proposé auparavant. 

      

    REACTION DU SECOURISTE FACE A UNE PLAIE 

    Comme nous venons de le dire, le secouriste ne soigne lui-même que les plaies "simples ; 
    toutes les plaies graves sont directement recouvertes au moyen de compresses stériles ou de linges très propres. La victime doit être dirigée vers un centre de soins. 

      

    Dans les cas de plaies simples  
     

          Si possible, toujours installer la personne au calme et à l'intérieur d'une maison.  

          La faire asseoir et lui parler pour la rassurer.  

          Préparer sur une surface propre le matériel nécessaire  

               un savon neutre et non parfumé; préférer l'utilisation d'un système liquide à celle 
               de la brique de savon qui est généralement souillée par l'emploi précédent; 

               des compresses stériles, de préférence en emballage individuel;  

               un produit antiseptique, de préférence incolore (se référer aux conseils du 
               pharmacien);  

               de quoi fixer le pansement : sparadrap, pansement adhésif ou bandage  

               Si nécessaire, des ciseaux propres;  

               un gant de toilette et un essuie propres ou des compresses non stériles. 
     

          Se laver méticuleusement les mains pour ne pas apporter de microbes 
          supplémentaires dans la plaie que l'on soigne au savon neutre et non parfumé; 

          se frotter énergiquement les mains et les poignets savonnés, surtout dans les espaces 
          interdigitaux;  

               Si possible se passer les ongles à la brosse; 

               rincer sous le jet d'eau courante; 

               s'essuyer avec un essuie ou avec un mouchoir PROPRE (éventuellement avec 
               un essuie-tout, un mouchoir en papier ... 
     
     

          Nettoyer la plaie ou laisser la personne le faire elle-même Si elle le souhaiteà l'aide de 
          savon propre, neutre et non parfumé;  

      

               le mouvement part du centre de la plaie pour aller vers la périphérie; nettoyer 
               également autour de la plaie; 

               en utilisant des compresses Si on en possède suffisamment, sinon les réserver 
               pour l'antisepsie et utiliser ici un gant de toilette propre ou tout autre morceau 
               de tissu propre. 

          Si la plaie reste souillée par de la terre, poser dessus une compresse imbibée d'eau 
          oxygénée. 
     

    Remarque: 

    Pour être efficace l'eau oxygénée doit encore mousser, et pour cela elle doit impérativement 
    être fraîche. Si l'on constate qu'elle ne mousse plus, il ne sert plus à rien de l'utiliser; on peut 
    la jeter.  
     

          Rincer convenablement l'endroit.  

          Sécher à l'aide de matériel propre. 

          Appliquer un antiseptique sur la plaie après son nettoyage et son rinçage: 

          à l'aide de compresses stériles; celles-ci se manipulent au minimum, en les saisissant 
          par les coins, sans lamais toucher le centre de la compresse; 

          verser le produit sur la compresse (sans que le goulot du flacon ne la touche; veiller 
          également à tourner l'étiquette vers le haut afin de ne pas l'altérer); 

          partir du centre de la plaie pour aller vers la périphérie, sans jamais revenir au centre; 

          utiliser pour cela autant de compresses qu'il est nécessaire. Eviter de frotter une plaie 
          (c'est très douloureux), il vaut mieux la tamponner. 

          Si la plaie est minime, la laisser à l'air libre ou y poser un petit pansement adhésif, 
          sinon la recouvrir à l'aide d'une compresse stérile que l'on fixe au moyen de sparadrap 
          (s'assurer que les contours soient bien secs) ou de tout autre bandage. 

          Surveiller l'évolution de la plaie. 
     

    REMARQUE 

    Le seul corps étranger que l'on puisse retirer soi-même sans risque de complication est 
    l'écharde superficielle. 

    Dans ce cas: 
     

               nettoyer la plaie;  

               appliquer un antiseptique sur l'endroit;  

               se munir d'une pince à épiler et/ou d'une aiguille que l'on aura préalablement 
               désinfectée en passant le bout dans une flamme ou sous l'alcool pur (ne plus y toucher 
               ensuite); 

               retirer l'écharde;  

               utiliser à nouveau un antiseptique et laisser à l'air. 
     

    Comme dans les cas d'hémorragie, proscrire l'utilisation de l'ouate pour les soins de plaies. 

      

    LES PERTES DE CONNAISSANCE SOUDAINES 

    Par exemple, lors d'une syncope, lors d'un "problème hypoglycémique" (="panne de sucre"). 

    La personne ne "se sent pas bien" et, généralement, elle a l'impression angoissante qu'elle va perdre conscience. 

    Apparemment, elle présente une pâleur du visage et des "sueurs froides". Dans certains cas, ces signes sont précédés de vertige, d'impression d'instabilité (titubation) et / ou de troubles 
    visuels. 

    Parfois il y a perte de connaissance. 

      

    QUE FAIRE?  
     

          Coucher la personne sur le dos et lui relever les jambes dès les premiers signes de 
          malaise.  

          Desserrer ses vêtements.  

          Lui donner de l'air frais : écarter l'entourage, ouvrir la fenêtre,  

          Chercher Si la personne n'est pas en possession d'une carte de diabétique; Si c'est le 
          cas ET qu'elle a faim (elle doit donc être encore consciente), lui donner rapidement du 
          sucre sous forme de boisson très sucrée ou d'aliment.  

          Lorsque la personne reste au sol plus que quelques minutes sans reprendre 
          conscience faire appel au "100", faire le bilan des fonctions vitales et agir comme dans 
          le cas de personnes inconscientes 
     
     

    LES MALAISES CARDIAQUES 

    Les malaises d'origine cardiaque sont engendrés par des troubles de la circulation du muscle cardiaque (le myocarde). Le cas le plus grave est celui où une artère se bouche 
    complètement: le sang n'arrive plus dans une partie du muscle cardiaque et celui-ci meurt (= 
    infarctus du myocarde). 

    Les douleurs surviennent essentiellement à la suite d'efforts ou de toutes autres circonstances où le muscle travaille plus (par exemple, lors de la digestion, de stress, ...). 

    Ce type de problème doit être envisagé lorsque l'on observe les signes suivants:  
     

          fortes douleurs au milieu de la poitrine, derrière le sternum (rétrosternales) ou devant le 
          cur (précordiales)  

          irradiations possibles de cette douleur vers un bras et/ou la mâchoire et/ou la nuque 
          et/ou le dos  

          respiration difficile et pénible 

          visage pâle, gris  

          parfois signes d'indigestion, surtout des nausées  

          signes de choc dans les cas extrêmes (choc cardiogénique). 
     
     

    QUE FAIRE ?  
     

          Limiter au maximum les efforts de la victime.  

          Installer confortablement la personne en position semi- assise, jambes allongées.  

          Desserrer les vêtements (col, cravate, ceinture, ...).  

          Calmer, rassurer la victime.  

          S'il s'agit d'une crise récidivante, donner à la 'personne les médicaments qu'elle a 
          l'habitude de prendre pour ce problème, aux doses habituelles.  

          Appeler les secours spécialisés.  

          Surveiller constamment les fonctions vitales.